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© Bruno Nuttens




Mardi 9 novembre 2010 – Un vrai jonchet, ces notes virtuelles, souvenirs et petites ambitions mêlés… Quel ordre y mettre et à quoi bon ? L'un des plus sinistres tours que me joue la mémoire ces temps derniers consiste à me dérober le début d'une pensée pendant que je cherche à la parachever. Me sauvent de ce péril la fidélité de Christine et la patience de mes amis.

 Lundi 22 novembre 2010 – Par une douce lumière, l'automne joue les prolongations. Par le froid, l'hiver s'annonce déjà. Ces temps derniers, tant de projets abandonnés, d'intentions oubliées… mais aussi de jouissances par la redécouverte et quelques pèlerinages.. 

 Mardi 23 novembre 2010 – Prendre la vie comme elle vient, sans marchander le prix mais aussi sans concession, admettre que l'oubli a souvent raison de la mémoire, se souvenir que le pire advient quand on y fait obstacle. Me souvenir aussi que j'en ai fait assez pour m'épargner le souci d'en faire d'avantage. À n'importe quel prix.

 Mercredi 24 novembre 2010 – Le pédiatre est venu ce matin qui a commencé par m'interdire de jouer plus longtemps à composer des oraisons funèbres. Fût-ce comme exercice de style. Il avait sur la tête un (nouveau) chapeau d'aventurier qui ne l'a pas quitté. Je me suis rendu compte que c'était à une reconquista qu'il m'invitait. Mais que sait-il, au vrai, des sournoiseries et lâchetés de ma mémoire ? Nous avons longtemps parlé des automatismes disparus.

Par un beau temps bien frais, Jules est venu déjeuner avec nous, ses mère et père. Je suis très attentif à ses commentaires sur la scène politique où la moindre imprudence peut coûter cher. Il a l'œil attentif et le verbe juste.

Jeudi 25 novembre 2010 – Dans la main que suggère la ramure défoliée du platane, par ce matin sans vent, le ciel blanc et bleu s'est figé. Avec un air de “circulez, il n'y a rien à voir !”

Vendredi 26 novembre 2010 – Overdose cinématographique ces derniers temps. Films découverts, films revus. Plaisirs et agacements, je m'y perds souvent, je m'y ennuie parfois.

   Cette nuit, deux rencontres, l'une avec Julien Gracq, l'autre avec… Eh bien, là, au moment de l'écrire, anguille entre les doigts, le nom me glisse entre les lèvres. Sans bruit. Sans traces ? Non, non… Il me laisse sur les lèvres une saveur douce amère.

 

 

 







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